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    AGATHE -Comité Intercommunal Gaz de Schiste AGDE - VIAS

     Publié le 15 Août 2012 





    Le 4 août 2012, à l’ordre du jour de l’AG d’Agathe, il a été question du gaz de schiste et de la création du Collectif Agde/Vias

    Deux membres du Collectif Littoral 34 « Gaz de schiste NON MERCI ! » ont exposé les points d’inquiétudes soulevés par ce sujet, pour le moins controversé. Le but de leur intervention étant de faire connaître aux adhérents d’Agathe, les raisons pour lesquelles il fallait se mobiliser. « Chacun doit se sentir concerné tellement les risques encourus par les forages autorisés, notamment, du sous-sol des ‘’Plaines du Languedoc’’, sont nombreux et leurs conséquences irréversibles ». Ce sont nos biens communs les plus précieux, l’eau et l’air, qui sont impactés par cette véritable alchimie, que représente la fracturation. Dont aucun des effets induits n’est maîtrisé. « Oui docteur, c’est grave » ! Ensemble nous devons exiger l’abrogation des permis relatifs à cette entreprise d’apprentis sorciers.

    De quoi s’agit-il ?

    De forages non conventionnels ! C'est-à-dire l’exploration de gisements difficilement exploitables pour des raisons diverses. Lesquelles nécessitent de puiser toujours plus profond (jusqu’à 5 ou 6000 m), sous fortes pressions (800 à 1000 bars), avec d’énormes quantités d’eau (environ 15 millions de litres) et d’additifs chimiques (plus de 600) de toutes sortes. « Mais n’est-il pas indispensable de pallier l’épuisement des énergies fossiles », demandait, pertinemment, Monsieur Lenthéric. « Certes, mais ces techniques nouvelles sont-elles sans risques pour les populations de proximité », lui a-t-il été rétorqué. Parce qu’il s’agit, en l’occurrence, de fracturer la roche-mère à laquelle le fluide est intimement lié. Autrement dit, de provoquer, par de nombreuses microfissures, son éclatement pour libérer le gaz, objet de la convoitise. En outre, pour améliorer l'efficacité de ladite fracturation, à l’eau, sont ajoutés plusieurs additifs :

      - du sable de granulométrie adaptée, qui va s'insinuer dans les micro-fractures et empêcher qu'elles se referment,
      - des biocides destinés à réduire la prolifération bactérienne dans le fluide et dans le puits,
      - des lubrifiants qui favoriseront la pénétration du sable dans les micro-fractures ouvertes par la pression de l'eau,
      - et des détergents qui augmentent la désorption du fluide et donc la productivité des puits.

    Quels impacts pour l’homme et son environnement ?

    Un rapport du BRGM (Bureau de Recherche Géologique Minière) de septembre 2011 (BRGM/RP-60312-FR) détaille les problèmes que pose la fracturation hydraulique, a fortiori dans notre zone littorale dont les couches sédimentaires de profondeur sont particulièrement fracturées. D’une part, l’utilisation d'énormes quantités d'eau (cf. supra), dont environ 45% peuvent être récupérées. D’autre part, l’injection dans le sous-sol de produits chimiques peut avoir pour effet de polluer les nappes phréatiques. Une telle éventualité se révèlerait catastrophique, parce qu’irréversible ! De plus, « s'ils sont mal maîtrisés, les chocs provoqués pour fracturer la roche-mère peuvent déclencher des secousses sismiques ». Enfin, la possibilité que du gaz s'échappe en dehors des puits n'est pas négligeable (cf. documentaire ‘’Gasland’’ de Josh Fox). Car qui peut garantir, effectivement, l’absolue étanchéité des puits réalisés ?

    Deux importantes sources de pollution

    D’une part, les millions de mètres cubes d’eau, mélangés aux divers produits chimiques, piégés dans les couches superficielles de la croûte terrestre. Dans cette zone de fracturation, située à de grandes profondeurs (entre 3 et 6000 m), où la température ambiante atteint environ 200°C, sédiments minéraux et liquide injecté subissent de fortes pressions. Les uns de nature hydrostatique de bas en haut et l’autre, on l’a vu, depuis la surface, par compression, pour éclater la roche-mère. « Cet espace confiné sous fortes pression et chaleur se comporte comme un réacteur chimique dans lequel plusieurs centaines de produits, dont certains sont de puissants catalyseurs (sels métalliques) interagissent et forment au final de nouveaux composés résultants d’une ou plusieurs réactions chimiques », spécifie André Picot dans son bilan chimique et toxique du 20 juillet 2011. En effet, cet amalgame liquide injecté dans le sous-sol y rencontre différents oxydes (de silicium, d’aluminium, de fer, de calcium, de magnésium, de potassium et/ou de sodium), De ces diverses et multiples transformations dans lesquelles les molécules en présence interagissent en chaîne, personne ne peut prédire les conséquences ! D’autant qu’elles vont s’effectuer au sein des couches sédimentaires de profondeur, et donc au contact de métaux lourds comme : le plomb (Pb), le cadmium (Cd), l'antimoine (Sb), le chrome (Cr), le mercure (Hg) et l’arsenic (As),
    …. Lesquels se révèlent non seulement toxiques mais aussi cancérogènes. Et cette eau contaminée, dans son cheminement, va se charger de radioactivité, puis sera remontée du puits.

    Et d’autre part, précisément, les importantes quantités d’eau polluée récupérées en surface (cf. supra). Certains industriels les stockent dans des bassins de décantation ou dans des stations d’épuration, d’autres les recyclent ou bien tout simplement les rejettent dans les galeries creusées par les forages. Voire, les canalisent vers des bassins de rétention ou des cours d’eau. Et donc toute cette pollution chargée de radioactivité peut se retrouver à la mer. Sinon, lesdits gaziers doivent se confronter à une autre épineuse problématique : celle de l’élimination des multiples déchets concernés. Autre type de problématique qui appelle des réponses adaptées et en conformité avec une stricte réglementation. Sauf que sur ce point il y a encore, en France, du chemin à parcourir !

    Constats à proximité des sites d’exploitation

    En Pennsylvanie où l’on compte 71 000 forages, soit un puits actif pour 1,6 km2, l’utilisation sur place de l’eau souterraine, en 2008, a entraîné l’assèchement de plusieurs nappes phréatiques. On ne peut que s’interroger sur l’avenir écologique de ces régions. D’autant que des enquêtes de l’Agence pour la Protection de l’Environnement (EPA) ont mis en évidence, notamment, que les eaux usées ont présenté un taux de radioactivité 100 à 300 fois supérieur aux normes appliquées aux USA. Toujours en Pennsylvanie, une étude récente de Robert Jackson et Coll a mis en évidence, dans des zones d’activités de forages, que la concentration en méthane de l’eau de sortie de la fracturation se situait en moyenne à 10 et 28 mg/l. Une concentration maxi de 66 mg/l a été observée. Ce qui correspond à une atmosphère explosive très importante.

    Voici un échantillon de composés détectés dans les fluides de fracturation

    Dans les composés organiques répertoriés par l’EPA on trouve, en particulier, du :

     - propane, éthane, butane, propylène (asphyxiants),
     - pentane, hexane, heptane (narcotiques),
     - benzène (puissant cancérogène),
     - toluène, xylène (neurotoxiques),
     - et du méthylnaphtalène, du fluorène, et du phénanthrène (mutagènes).

    Parmi les polluants aériens ont été identifiés :

      - le sulfure d’hydrogène (H2S), plus mortel que le monoxyde de carbone (CO), poison à large spectre, son inhalation prolongée peut causer la dégénérescence du nerf olfactif et provoquer la mort juste après quelques mouvements respiratoires ;
      - l’ozone, oxydant et polluant des basses couches de l'atmosphère où il agresse le système respiratoire et peut être responsable de phénomènes de corrosion accélérée de polymères ;
      - le gaz de chlore, oxydant, d'odeur suffocante très désagréable, est extrêmement toxique ;
      - et les oxydes d’azote (NOx), dont le protoxyde d’azote, polluants, gaz à effet de serre, qui acidifient l'air, les pluies et les eaux, irritent les muqueuses et contribuent à la formation de l'ozone troposphérique.

    « La coexistence parmi les polluants aériens d’hydrocarbures volatils et d’oxyde d’azote (NOx) peut, au niveau du sol, entraîner la formation d’ozone (O3) polluant détecté sur les sites d’exploitation », dixit André Picot. Qui signale « des constats, aux USA, de décès dans la population animale à proximité de sites d’exploitations, et des ‘’pluies d’oiseaux’’. « Phénomènes », dit-il « constatés aussi en Suède ». A partir de leurs sulfures, le mercure, le plomb, le cadmium, et aussi le non métaux : l’arsenic et l’antimoine, vont libérer les cations hydrosolubles extrêmement toxiques ».

    La loi du 13 juillet 2011 ferme une porte, et en laisse une grande ouverte

    Occultée après les trois abrogations (permis de : Nant, Villeneuve de Berg et Montélimar), la technique de fracturation aussi dangereuse qu’innovante fait l'objet d'un bras de fer entre la société civile, qui réclame transparence et débat public sur l'énergie, et les industriels. Au vu des risques induits et des permis accordés sans concertation ni étude d’impact, plusieurs mouvements citoyens se sont levés et ont manifesté leur vive hostilité. « Et le principe de précaution, jamais ? », s’indignait Madame Caron dans la salle. Cette mobilisation de résistance citoyenne pendant deux ans (de 2010 à 2011), a incité le Gouvernement Fillon à légiférer. Préalablement, le Parlement avait adopté définitivement, le 30 juin 2011, les termes de ladite loi. Dans les deux premiers articles de laquelle, nous relevons une ambiguïté. En effet, cette loi condamne clairement la fracturation, dans son article premier. Mais elle y déroge immédiatement dans l’article suivant. Lequel autorise, néanmoins, les forages d’exploration sous condition d’expérimentation scientifique. Si la technique est prohibée, la porte reste grande ouverte pour l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Car pourquoi se contenter d’interdire la technique et de permettre les recherches, si ce n’est dans la perspective d’exploiter ces ressources naturelles ?

    Foreurs, gaziers, pétroliers et politiques, plein gaz …

    Pendant que le Canada, la Chine et les Etats-Unis, notamment, ouvrent grandes les vannes des hydrocarbures non conventionnels pour leurs entreprises, nos pétroliers et gaziers ne veulent pas rester sur le quai … Il leur faut donc convaincre et raconter la belle histoire du respect de l’environnement. Les campagnes marketing et le lobbying battent leur plein pour rendre acceptable cette source énergétique. C’est la raison pour laquelle, dès le début des débats, les foreurs se sont mobilisés pour expliquer que la fracturation « made in France » était « propre ». Tout l’argumentaire tient là. « Ce que vous avez vu comme pollutions aux États-Unis n’est que mensonge, « nous » savons faire mieux, il n’y a donc plus de problème et vous pouvez faire sauter les interdictions ». La résistance face aux industriels et aux financiers est donc un impératif. Les politiques de lobbying qu’ils mettent en œuvre, leur capacité avérée de pressions fortes sur le gouvernement actuel démontrent si besoin était, que les risques de reprise des forages sont bien réels. La preuve : les plates-formes de forage sont en place en Seine et Marne et le début des forages, à Doue, est programmé pour le 9 novembre.

    Alors que faut-il faire ?

    Parce que nos enfants et petits-enfants se demanderont, non pas ce que nous avons dit, mais ce que nous avons fait ! Il faut, avant tout, se mobiliser. Participer, en grand nombre, aux réunions publiques organisées par les Collectifs locaux. Signer la pétition que leurs membres vous proposeront. Comme sur le Larzac, en Ardèche, dans la Drôme, le Minervois, à Pézenas, … nous devons nous regrouper dans des collectifs citoyens. En l’occurrence, le 14 juin à Sérignan nous avons créé le Collectif Littoral 34 et, à Agde, le 4 août, nous avons créé le Collectif intercommunal Agde/Vias, à l’initiative de plusieurs citoyens se sentant concernés par cette problématique. Car, confrontés à ce bras de fer qui s’annonce musclé, la France d’en bas ne peut compter que sur elle-même. Pourquoi ?

    Il y a de l’eau dans le gaz 

    Les collectifs de défense contre les pétroles et gaz de schiste s’étaient inquiétés des "signaux négatifs envoyés par le gouvernement". Notamment le départ de Nicole Bricq du ministère de l'Ecologie. Et plus encore, du "revirement" de Jean-Marc Ayrault. Lorsqu'il était président du groupe socialiste à l'Assemblée, son groupe avait soutenu une proposition de loi interdisant "strictement" la recherche et l'exploitation des gaz et pétroles de schiste et exigeait l'abrogation des permis. Aujourd'hui, le gouvernement qu'il dirige se limite à annoncer une réforme du code minier, sans préciser les termes de son contenu, et n'évoque plus de nouvelle loi. De plus, les communications institutionnelles ne mettent en exergue que le terme de ‘’conventionnels’’, à propos des hydrocarbures à explorer. En outre, lesdits collectifs se sont alarmés du dépôt, le 25 mai, de six déclarations de travaux de forage en Seine-et-Marne. Le début des forages est prévu le 9 Novembre, à Doue, sans aucune concertation préalable avec les Dovinciens. Les plates-formes étant en place depuis cet été.

    En conclusion

    On peut comprendre qu’un Gouvernement cherche à garantir, sur le long terme, son indépendance énergétique. Mais il doit simultanément assurer la sécurité de ses concitoyens et, en l’occurrence, la quantité et la qualité vitales de l’eau qui leur est indispensable. Or, le traitement du liquide de retour de fracturation n’est aujourd’hui pas maîtrisé, et les moyens utilisés ne font que transférer la contamination de l’eau à l’air. De plus, que faire des éléments radioactifs et des métaux lourds remontés avec le fluide de fracturation ? Et ceux restés sous terre qui ressortiront en permanence par les sources et les nappes phréatiques qui nous alimentent en eau potable ? En outre, les estimations des réserves de gaz de schiste sont une pure machination pour introduire, insidieusement, le moyen d’influencer l’opinion. Mais la France d’en bas, n’est pas dupe ! Force est de constater que ces techniques « innovatrices » comportent des prises de risque, on l’a vu, considérables et surtout irréversibles. Tous ces risques toxiques, à plus ou moins long terme, ne doivent pas occulter les éventuels dangers d’explosion et d’incendie liés à la présence de gaz, dans l’eau de sortie, dont le méthane extrêmement volatil et très inflammable. Les plaines du Languedoc n’ont rien à voir avec les grandes étendues américaines non urbanisées ! Et enfin, pourquoi focaliser le débat sur la technique utilisée pour rechercher du gaz de schiste, quand la France a besoin d'une remise à plat de sa stratégie énergétique. En attendant, les dommages avérés dont souffre notre planète Terre sont tellement graves, qu’ils constituent une crise à nulle autre pareille. On ne peut faire fi de la question de l’après exploitation, lorsque des milliers de puits seront fermés, en friche, et que le gaz et le pétrole libérés continueront de cheminer vers la surface dans des formations géologiques contaminées et encore plus fracturées. Donc, stop ! N’en rajoutons pas. La coupe est pleine. Les enjeux sont mondiaux. C’est de la santé de nos enfants et de nos petits-enfants qu’il s’agit, et de la survie de l’Humanité.

     
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