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    A Château-Thierry, Carmen voit rouge

     Publié le 20 septembre 2012 





    Près de Château-Thierry, le village de Rozoy-Bellevalle va-t-il accueillir en décembre un forage soupçonné de chercher des huiles de schiste ? Entre le collectif Carmen et le pétrolier Toreador, le poker menteur fait rage. « Restons vigilants » 







    Olivier Alers et Christine Lecque : « On ne défend aucune chapelle mais l'intérêt général. »

    Le champ est en bordure de Départementale 1, à 17 kilomètres au sud de Château-Thierry. Alentour, les vaches sont encore chez elles. Le terrain est situé sur le territoire de la commune de Rozoy-Bellevalle, au hameau de Guillauche. « Les travaux vont commencer à la mi-décembre. La foreuse est déjà arrivée à Doue, en Seine-et-Marne, pas très loin d'ici. Or, on sait qu'une foreuse intervient sur plusieurs sites », assure Christine Lecque, la porte-parole du collectif Carmen qui s'oppose bec et ongles à l'exploration des hydrocarbures de schiste.

    « Carmen » - clin d'œil malicieux au nom de la société Toreador (1) qui a décroché le 4 septembre 2009 le permis de recherche de Château-Thierry - regroupe un millier de personnes. Depuis que le débat autour des gaz de schiste s'est emballé, sept collectifs du genre se sont créés au nord de la Loire. Localement, Carmen est épaulé par les « Intouchables », une association qui regroupe 150 habitants du secteur. « Des citoyens responsables et apolitiques », explique son président Olivier Alers.

    Oliver Alers & Christine Lecque

    De Fontenelle à Château ou La Ferté-sous-Jouarre, les « Intouchables » ont planté des dizaines de panneaux au bord des routes avec la bénédiction des agriculteurs. « Touche pas à ma roche-mère », « Malgré la loi, ils arrivent »… Les formules des militants anti-schiste sont explicites. La mise hors la loi de la fracturation hydraulique ne les rassure pas. Olivier et Christine sont convaincus que les pétroliers n'ont pas baissé les bras. « Pourquoi engloutir autant d'argent (1,6 M€ par forage) si c'est pour renoncer à exploiter le schiste un jour ou l'autre ? »

    Soutenu par une flopée d'élus locaux, dont les frères ennemis de Château-Thierry, l'ancien et l'actuel maire de la ville, Dominique Jourdain et Jacques Krabal, le collectif multiplie les réunions et les documents à charge. Un quiz fait par exemple un sort à l'argument de l'emploi, défendu par les tenants de l'exploitation des hydrocarbures de schiste. « Par plus d'une trentaine par forage. Dans le même temps, combien d'emplois perdus dans le tourisme ? », enrage Christine Lecque qui dénonce la menace que feraient peser sur le patrimoine paysager français des installations aussi potentiellement polluantes que disgracieuses. « La France n'est pas les Etats-Unis ! Dans le Dakota du Nord, il y a 4 habitants au kilomètre carré ! Ils ne gênent personne… »

    Les « Intouchables », eux, en ont surtout après « l'opacité » des procédures de permis de recherche accordés aux sociétés pétrolières. « Les élus locaux sont souvent informés au dernier moment. S'ils croient que la loi de juillet 2011 les protège, ils se trompent. Restons vigilants. Comme aucune étude concluante ne démontre la dangerosité du fracking… ni l'inverse, il fallait appliquer le principe de précaution et geler toutes les demandes », estime Olivier Alers.

    A Château-Thierry, seul permis accordé en Picardie, ce ne fut pas le cas. Mais après tout, depuis cinquante ans, les sociétés pétrolières déposent quantité de demandes d'exploration d'hydrocarbures sans que cela gêne personne. Sauf que le débat sur le gaz de schiste a aiguisé les sensibilités. « Je comprends les craintes mais il est juste inconcevable de recourir à la fracturation hydraulique puisqu'elle est interdite. Qui plus est, en Ile-de-France, il n'y a pas de gaz de schiste, uniquement des huiles », affirme Géraldine Igou de Publicis consultants, chargée d'assurer la communication de Toreador Energy et de Hess Oil France, autre pétrolier autorisé à sonder le sous-sol axonais.

    Si elle reconnaît que les deux sociétés vont procéder, fin décembre, à des forages dans la région, aucun ne concernerait donc Rozoy-Bellevalle. « Des plateformes sont en activité ou en projet à Jouarre, Doue, Ecury-sur-Coole et Huiron. Uniquement pour prélever des échantillons de roche », ajoute Mme Igou selon qui, Hess et Toreador, en informant les mairies des travaux programmés « sont allées au-delà de leurs obligations légales. Le code minier actuel n'impose même pas de consultations publiques » !

    Pour autant, le collectif Carmen n'en démord pas. L'article 4 de la loi de juillet 2011, qui autorise les « expérimentations à seule fin de recherche scientifique » leur reste en travers de la gorge. « Un texte mal foutu », estime Olivier Alers. « Nul doute que les industriels chercheront à contourner l'interdiction dans une étape ultérieure », assure Christine Lecque. « Dans le permis de l'Ourcq (accordé à la société Galli Coz), par exemple, il est fait mention de la mise en place d'un brin horizontal. Or, on sait que c'est la technique requise pour procéder à de la fracturation hydraulique. De même, il est toujours difficile de faire la distinction sur le terrain entre les forages expérimentaux de recherche et les forages d'exploration ou d'exploitation ». A plusieurs centaines de mètres sous le sol, en effet, les promeneurs sont rares…

    (1) Rachetée par une société américaine, Toreador Energy France s'appelle désormais Zaza Energy.

    © L'Union l'ardennais

     
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