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  • Gaz de schiste en Amérique du Nord : une étude provocatrice prévoit son déclin dans les 10 ans

    Publié le 08 Mars 2013  




    A Lire pour votre information le Communiqué de l'Ambassade de France au Canada. Diffusé en veille technologique par le Ministère des Affaires Etrangère du 04/03/2013.

    Alors que grâce aux avancées récentes en matière de production d'énergie - en particulier pour le gaz et l'huile de schiste - les Etats-Unis annoncent en fanfare une nouvelle ère d'abondance voire d'indépendance énergétique, des voix s'élèvent pour en dénoncer les limites. 

    Selon le géologiste canadien J. David Hughes*, ancien directeur recherche à la Geological Survey of Canada, les analyses publiques les plus poussées sur les contraintes économiques, environnementales et géologiques de l'exploitation de ces ressources en Amériques du Nord sont plus pessimistes que l'administration américaine pour deux raisons principales : 

              - Premièrement, les puits d'exploitation d'huile et de gaz de schiste s'épuisent très rapidement, les meilleurs sites ont déjà été pompés et on ne s'attend pas à en découvrir d'autres. Cette diminution de la productivité par puits nécessite d'intensifier le forage pour seulement maintenir la production, ce qui limite le potentiel à long-terme de ces ressources.

              - Deuxièmement, bien que les sables bitumineux, puits de pétrole en eau profonde, schistes bitumineux, gaz de houille et autres ressources énergétiques carbonées non conventionnelles existent en grandes quantités, leur exploitation nécessite d'énormes efforts logistiques et financiers qui interdisent l'augmentation d'échelle de la production pour répondre aux besoins du marché; les vastes gisements de ces ressources sont divisés en "poches" de petites tailles. 

    Après son démarrage en 2006, la production états-unienne de gaz de schiste a commencé à s'envoler grâce au développement des systèmes de fracture hydraulique et de forage horizontal - une technologie qui utilise des liquides à très haute pression pour percer la roche qui emprisonne le gaz. Le gaz de schiste représente désormais 40% du gaz domestique aux Etats-Unis soit 9.7 milliards de mètres cube par an. Une projection publiée en décembre par l'Energy Information Administration (EIA), un organisme gouvernemental états-unien, suggère que cette part va atteindre 50% de la production du pays d'ici 2040. 

    Le Dr. Hughes affirme que ces projections ne sont pas réalistes car elles ne prennent pas en compte le fait que la plupart des puits perdent 15% de leur productivité initiale en quatre à six ans. Pour atteindre les chiffres de l'EIA malgré ces pertes, il faudrait creuser plus de 70.000 puits supplémentaires par an d'ici 2040. Cette cadence effrénée deviendrait trop coûteuse et hors de portée à partir de 2019 puis s'ensuivrait d'une forte chute de la production. 

    L'étude du Dr. Hughes, partiellement financée par le Post-Carbon Institute une association californienne ouvertement contre le gaz de schiste, est vertement critiquée par le lobby du gaz de schiste états-unien. Daniel Whitten, un porte-parole de l'America's Natural Gas Alliance, affirme que les conclusions du Dr. Hughes s'opposent à plusieurs études gouvernementales et académiques, "qui toutes prévoient une abondante production de gaz naturel sur plusieurs générations." Andrew Miall, professeur de géologie à l'Université de Toronto qui a produit une étude indépendante du rapport du Dr. Hughes, affirme que ce dernier ne représente qu'une opinion minoritaire et que les résultats traités dans le rapport en question démontrent seulement que le gaz de schiste ne s'écoule pas librement.

    * David Hughes : géologue, ancien directeur recherche à la Geological Survey of Canada, membre du Post Carbon Institute

     
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