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  • Gaz de schiste : est il devenu un atout écologique ?

    Publié le 07 Février 2014  





    LE CERCLE. Maud Fontenoy, membre du conseil économique et social et environnemental, vice-présidente du Conseil du littoral vient de déclarer que le « gaz de schiste est devenu un atout écologie". Le Canard Enchaîné indique qu’un rapport sur une technique propre d’extraction du gaz de schiste sera publié après les élections municipales. Cela montre le caractère émotionnel autour du débat du gaz de schiste.

    Maud Fontenoy, seule écologiste favorable au gaz de schiste ? 

    Et oui, le jeudi 30 janvier, Maud Fontenoy, membre du conseil économique et social et environnemental, vice-présidente du Conseil du littoral a déclaré dans un entretien au Parisien que le « gaz de schiste est devenu un atout écologique »… 

    Rare est d’entendre ce genre de messages de la part de personnes se réclamant de l’Ecologie, à l’image des deux derniers ministres de l’environnement, Delphine Batho et Philippe Martin et même de celle qui le fut en dernier sous le gouvernement Fillon puisque c’est sous le mandat de Nathalie Koscisuko-Morizet que fut votée la loi Jacob interdisant la fracturation hydraulique. 
    De même le parti des Ecologistes Les Verts se déclare ouvertement contre tout ce qui touche à ce gaz de schiste, tout comme Corine Lepage, elle aussi ancienne minsitre de l’Environnement, fondatrice du parti écologiste Cap21. 

    Le charbon émet plus de CO2 que le gaz et se développe en Europe 

    Constatons qu’aux Etats-Unis, la révolution du gaz de schiste a permis de diminuer la consommation de charbon plus émettrice de gaz carbonique que ne l’est le gaz. En revanche en Europe, et surtout en Allemagne, la consommation de charbon a augmenté, du fait de la chute des prix du charbon. 

    Aussi au niveau écologique, la révolution du gaz de schiste a été bénéfique aux Etats-Unis et il peut sembler étrange à certains, dont Maud Fontenoy, de refuser cette possibilité en France dans la mesure où en attendant les effets de la transition énergétique, il faudra réduire le nucléaire. 

    Arnaud Montebourg, constant dans ses convictions… 

    On ne peut reprocher au ministre du redressement productif d’être constant dans ses convictions « qu’est ce qui interdit d’aller voir ? » puisque c’est la passe d’armes médiatique entre le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg et son premier ministre Jean Marc Ayrault qui avait valu au Président François Hollande cette phrase le 14 juillet 2013 « Tant que je suis président, il n’y aura pas d’exploration de gaz de schiste… C’est quoi le gaz de schiste ? C’est un eldorado, là, qu’il suffirait de creuser ? » 

     …soutenu par l’Europe… 

    En effet, la Commission européenne a adopté, mercredi 22 janvier, une recommandation qui laisse la voie libre à l'exploitation du gaz de schiste en Europe à condition de respecter des « principes communs », notamment sanitaires et environnementaux. 

    …prêt à publier un rapport…sur une énergie expérimentale propre. 

    Selon le Canard Enchaîné, Arnaud Montebourg serait prêt à publier un rapport après les municipales (les sondages donnant les français en majorité méfiants) sur une nouvelle technique alternative d’extraction du gaz de schiste. Cette technique, à base de fluoropropane (NFP) a l’avantage par rapport à celle du propane de ne pas créer de risque d’inflammation alors qu’en outre le procédé n’utilise ni eau, ni produits chimiques. Même si ce produit n’a jamais été jamais testé en conditions réelles, il présente les mêmes avantages que le propane qui lui est inflammable, ce qui «supprime à 100% les risques industriels», selon le rapport publié en novembre par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opesct). 

    En appliquant la loi Jacob et en écoutant le Président François Hollande… 

    Si l’on reprend la loi Jacob du 13 juillet 2011, ni l'article 2 de la loi, ni l'article 4 ne sont appliqués, ceux-ci ayant été omis du débat. Ainsi comme dit l’initiateur de cette loi, dans l'article 2, « il est prévu de créer une "Commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux". Cette instance doit émettre un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, prévues justement à l'article 4... lui-même non appliqué ! Ce dernier prévoit en effet que le gouvernement remette tous les ans un rapport au Parlement sur l'évolution des techniques d'exploration et la connaissance du sous-sol français, européen et international en matière d'hydrocarbures liquides ou gazeux. La loi date de juillet 2011, nous aurions déjà dû disposer de deux rapports... Je n'en ai vu aucun. Quant à la fameuse commission, en dépit du décret du 21 mars 2012 paru au Journal Officiel qui en précise la composition (22 membres), elle n'a jamais siégé puisqu'elle n'a jamais été constituée... »
    Seul est appliqué le 1, relatif aux risques liés à la fracturation hydraulique.

    Article 1 de la loi Jacob :

    En application de la Charte de l’environnement de 2004 et du principe d’action préventive et de correction prévu à l’article L. 110-1 du code de l’environnement, l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche sont interdites sur le territoire national. Nous rappellerons également la déclaration de déclarations de François Hollande le 11 octobre après la décision du Conseil constitutionnel de valider la loi Jacob : 
    « Il était important que le conseil constitutionnel donne à cette loi toute sa place et toute son autorité. Cette loi a été plusieurs fois contestée, elle est maintenant incontestable", a expliqué François Hollande. Avant de préciser : "cette loi prévoit uniquement d'interdire l'utilisation du gaz de schiste par fracturation hydraulique mais n'empêche pas la recherche dans d'autres domaines". 

    … la logique serait que la recherche puisse commencer en France 

    S’il existe vraiment une technique d’extraction du gaz de schiste hors fracturation hydraulique, il est difficile de voir ce qui permettrait de l’interdire en France, notamment si cette recherche, comme le réclament les industriels, est encadrée, comme le stipule la loi Jacob, par la Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux. 

    Nous reprendrons, afin de démontrer que les choses peuvent avancer, le point de vue de Fabrice Verdier, membre de la commission des affaires économiques et président du groupe d’études sur les gaz de schiste de l’Assemblé Nationale, député PS du Gard, qui indiquait lors de l’ouverture d’un séminaire le 2 octobre dernier organisé dans cette même Assemblée par les Amis de la Terre, que même s’il était contre le gaz de schiste, il était favorable à la recherche dans un cadre public. 

    Conclusion 

    Le fait que le Canard Enchaîné indique que le rapport d’Arnaud Montebourg serait publié après les élections municipales, montre bien le caractère politique et émotionnel qu’a pris le débat du gaz de schiste en France. 

    Peut-on raison garder, et discuter posément de l’application de la loi Jacob ? Y a-t-il les bons et les méchants ? 

    L’histoire autour du gaz de schiste n’est pas près d’être finie !

    © Aymeric de Villaret - La tribune.fr


     
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