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    Gaz et huiles de schiste : bras de fer en sous-sol

     Publié le 22 septembre 2012 


    On le croyait enterré, il revient par la fenêtre. Le débat sur l'exploration des huiles et gaz de schiste par la technique controversée dite de la « fracturation hydraulique » a ressurgi de plus belle à la faveur de la récente conférence environnementale.

    Depuis juillet 2011, une loi interdit le recours à cette technique en France. Le chef de l'État vient de le confirmer et de donner des gages à ses partenaires Verts, vendredi, en annonçant l'annulation de sept permis d'exploration déposés dans le sud de la France par des compagnies pétrolières. Trois l'avaient déjà été fin 2011. Mais des collectifs de défense de l'environnement et des associations d'élus continuent de s'inquiéter de la nature exacte des 54 permis toujours en vigueur. Soupçonnés de vouloir contourner la loi sous couvert de recherches conventionnelles, les pétroliers assurent au contraire qu'ils s'y plieront, bon gré mal gré. Les adversaires du « fracking » en doutent et appellent à la vigilance. À la veille d'une mobilisation internationale, samedi, contre les gaz de schiste, le point dans l'Aisne, la Marne et les Ardennes où une dizaine de permis de recherches d'hydrocarbures ont été accordés et une trentaine de demandes déposées.

    Ça ne risque pas de calmer le jeu. Trois rapports commandés par la Commission européenne viennent de tailler en pièces la technique de la fracturation hydraulique utilisée pour extraire les gaz et huiles de schiste du sous-sol. Contamination et appauvrissement des eaux, émission de CO2 en pagaille, nuisances sonores, perturbation de la biodiversité, pollutions cancérogènes, rotation de camions… Autant d'eau au moulin des défenseurs de l'environnement, même si les choix énergétiques dépendent encore des États nationaux et non de l'UE.

    « Recherche scientifique » 


    A contrario des grands pays industrialisés, États-Unis en tête, la France n'a pas attendu l'Europe pour interdire le « fracking » sur son territoire. La loi du 13 juillet 2011 en fait foi. Une exception culturelle de plus… Et une pierre dans le jardin des partisans de l'exploration des hydrocarbures de schiste qui, à l'instar de l'Amicale des foreurs et des métiers du pétrole (AFMP), dénoncent une position « idéologique », pire une « cabale écolo ».

    Economiquement, il est vrai, l'enjeu est de taille. Depuis une quinzaine d'années, les gaz de schiste sont la nouvelle poule aux œufs d'or de l'industrie pétrolière et gazière. Le renchérissement des gaz conventionnels et des hydrocarbures milite pour l'extraction de ce nouvel or noir, réputé moins coûteux et aux réserves considérables. Aux USA, le secteur a créé quelque 600 000 emplois en dix ans et aurait contribué pour près de 40 % à la croissance du nord du Texas. Les Etats-Unis espèrent ainsi réduire en totalité leurs importations de gaz d'ici 2030. De quoi mettre l'eau à la bouche des pétroliers, partout où les sous-sols regorgent de schiste. Et c'est le cas en France qui détiendrait, presque à égalité avec la Pologne, près de 40 % des réserves européennes. 

    Seulement voilà ! Si l'ancien ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, avait en 2009 ouvert la porte à la fracturation hydraulique, les députés l'ont refermée en juillet 2011. Du coup, des 64 demandes de permis de recherche d'hydrocarbures déposées à l'époque par les compagnies pétrolières, le gouvernement Fillon en avait retoqué trois en octobre dernier, dont une présentée par Total autour de Montélimar. Et la nouvelle ministre PS de l'Ecologie, Delphine Batho, vient d'en annuler sept autres, tous situés dans le Sud-Est, l'une des trois régions aux ressources schisteuses avérées, avec l'Aquitaine et l'Ile de France où abondent, non pas les gaz, mais les huiles de schiste.

    La fracturation hydraulique serait-elle donc définitivement enterrée ? Le gouvernement l'assure. Mais échaudés par l'opacité qui entoure les procédures de demandes d'exploration, ses adversaires n'en sont pas du tout convaincus. En cause, l'article 4 de la loi de 2011 qui, après avoir fait un sort au « fracking », autorise les « expérimentations à seule fin de recherche scientifique ». La formulation est suffisamment ambiguë pour alimenter les craintes. Et comme les pétroliers pèchent parfois à mentionner explicitement le caractère des hydrocarbures recherchés (pétrole, gaz ou huiles), les fantasmes vont bon train. 

    Lobbying


    « Le flou entretient la confusion. Quand on découvre qu'un forage plongera à plus de 2 000 mètres, on est en droit de s'interroger sur ce qui est exactement recherché et sur la technique employée », estime le Verts champardennais Eric Loiselet, qui préconise donc « davantage de transparence, l'installation de missions d'expertises indépendantes et, au final, une réforme du code minier qui date de Napoléon ! » Laquelle réforme est actuellement dans les tuyaux. Elle prévoit notamment d'adapter les conditions d'exploration et d'exploitation des ressources de notre sous-sol à la Charte de l'environnement et d'en renforcer le contrôle.

    D'ici là, la manne des gaz et huiles de schiste continue de faire saliver les pétroliers qui redoublent de lobbying. En témoigne l'inévitable géochimiste Claude Allègre, qui vient de se fendre d'une tribune dans laquelle il demande au chef de l'Etat de « ne pas avoir peur des gaz de schiste ». Ou encore le rapport de l'Ecole de guerre économique fournissant aux partisans du « fracking » les éléments d'une « campagne de contre-information à mener contre les détracteurs de cette activité ».

    © L'Union l'ardennais

     
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