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  • Le dossier du gaz de schiste est rouvert 

     Publié le 03 Février 2013 


    Une exploitation de gaz naturel en Pennsylvanie,
    une fois le forage achevé
    Photo : Brett Carlsen / REUTERS


    INFOGRAPHIE - Un rapport parlementaire propose d'étudier des technologies autres que la fracturation hydraulique.

    La saga du gaz de schiste n'en finit pas de rebondir. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), qui regroupe des élus de l'Assemblée et du Sénat, a lancé un pavé dans la mare jeudi, en décidant à l'unanimité de mener une étude de faisabilité sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploitation des gaz de schiste. Cette technologie permettant d'extraire le gaz du sous-sol est interdite depuis 2011 en raison de son impact sur l'environnement. 

    Les deux rapporteurs, le député PS Christian Bataille et le sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, ont évoqué d'autres techniques, comme la stimulation au propane, pratiquée en Amérique du Nord. Ils ont expliqué vouloir «explorer l'ensemble de ces pistes, ainsi que leurs implications économiques». «Des voies d'amélioration de cette technique (fracturation hydraulique, NDLR) existent, dans le sens d'une moindre consommation d'eau et d'une moindre utilisation de produits chimiques», ont-ils observé. Un rapport d'étape sera présenté au printemps, avant un rapport final à l'automne 2013. 

    La décision de l'Opecst relance le débat sur le dossier ultrasensible de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Un dossier qui divise profondément la majorité, sur fond d'accord programmatique entre PS et Verts (lequel stipulait l'interdiction des gaz de schiste, ainsi que l'abrogation des permis en cours). Les opposants sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer une initiative qu'ils jugent en contradiction avec la «transition énergétique» prônée par le gouvernement, qui aimerait que la France soit moins dépendante du nucléaire et des énergies fossiles. «C'est toujours la même schizophrénie, se désole le patron des Verts Pascal Durand. Vouloir lancer des études sur de nouvelles technologies est la preuve que rien n'a été compris. L'important, ce n'est pas d'améliorer la recherche, mais de revoir notre consommation d'énergie!» «C'est dommage, du point de vue démocratique, de donner l'impression de revenir sur une décision, se désole de son côté le député écologiste Denis Baupin. Au PS, certains sont encore de la vieille école!» 

    La ministre de l'Écologie Delphine Batho a abondé dans le sens des opposants, jeudi à Grenoble, en faisant valoir que «l'enjeu de la transition énergétique», ce n'était «pas d'aller chercher de nouveaux hydrocarbures». Mais, sur ce dossier, le gouvernement apparaît souvent divisé, alors que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait laissé entendre fin 2012 qu'il valait mieux produire du gaz de schiste en France plutôt que d'en importer. 

    Le chef de l'État lui-même se montre fluctuant. En septembre, il avait profité de la conférence environnementale pour fermer la porte à l'exploitation du gaz de schiste. Même fermeté au lendemain de la remise du rapport Gallois, qui préconisait la reprise des recherches sur l'exploitation des gaz de schiste: inquiet de voir le sujet s'enflammer, Jean-Marc Ayrault avait immédiatement fait savoir que le gouvernement ne retiendrait pas la proposition de l'ex-patron d'EADS. François Hollande s'était montré moins affirmatif en novembre, lors de sa conférence de presse à l'Élysée: «Je laisse les entreprises et les chercheurs travailler et je prendrai mes responsabilités si une technique apparaît», avait-il lancé, au grand dam des opposants. «Il n'a pas été suffisamment formel», s'était alors inquiété le député écologiste François-Michel Lambert, qui a déposé une proposition de loi visant à interdire l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, quelle que soit la technique utilisée.«Pour l'instant, Hollande veut maintenir la cohésion de la majorité, analyse le député PS Christophe Caresche. Mais le dossier va forcément évoluer. On ne peut pas empêcher les gens de chercher de nouvelles techniques moins nocives sur le plan environnemental.» Le feuilleton est donc loin d'être clos.





    © Le Figaro - Solenn de Royer

     
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