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  • Quelle influence pour le lobby du gaz de schiste en France ?

    Publié le 25 Octobre 2014  


    Lien vers l'article original : ici


    Depuis la loi du 13 juillet 2011, la fracturation hydraulique, seule technique aujourd'hui connue pour l'extraction du gaz de schiste, est interdite en France. Pourtant, de plus en plus d'hommes politiques et d'industriels se déclarent favorables à la réouverture du dossier afin d'exploiter cette ressource énergétique.



    Ainsi en est-il de Nicolas Sarkozy, qui a profité de son retour tonitruant dans la vie politique française pour faire part de son intention de revoir la loi de 2011. Ce sont également plusieurs industriels tricolores – au nombre desquels Total et GDF-Suez principalement – qui ont profité de la sortie médiatique de l'ex-président de la République, pour relancer le débat sur l'extraction du gaz de schiste. Nicolas Sarkozy ; grands industriels français ; gaz de schiste. De là à affirmer que le premier touche quelques subsides des seconds pour médiatiser le troisième, il n'y a qu'un pas. Un pas qui ne sera pas franchi. On ne saurait toutefois que trop recommander à M. Sarkozy de bien tenir ses futurs comptes de campagne ; la traque aux financements illégaux est en plein essor. 

    Un observatoire pour convaincre sur les bienfaits du gaz de schiste 


    A l'horizon fin 2014 ou début 2015, d'après une quinzaine d'industriels de l'énergie, un véritable « centre d'information et de documentation » sur le gaz de schiste devrait être créé. D'après l'un des leaders du projet, il s'agirait via cet observatoire de collecter un maximum de « données et d'informations vérifiées et crédibles, car on entend tout et n'importe quoi sur le sujet ». A plus long terme, l'idée est de mettre sur pied un réel lobby pro-exploitation du gaz de schiste, à destination de Bruxelles et la Commission européenne essentiellement. 

    Selon les industriels, qui ont, rappelons-le, plus qu'un simple intérêt à l'affirmer, l'Union européenne (UE) souffre des inégalités de fait induites par l'exploitation du gaz aux États-Unis. L'observatoire en devenir regroupe d'ailleurs plusieurs économistes, sociologues et scientifiques, qui abondent dans le sens d'une exploration par l'UE des gisements sur son territoire. 

    Une alternative de choix à la transition énergétique 


    Cette question des gisements de gaz dans le sous-sol national est précisément l'une des plus épineuses qui se posent aujourd'hui. Comment en effet être certain de nos ressources si les explorations nécessaires ne sont pas effectuées ? C'est ce qu'allèguent les partisans de cette énergie pour relancer le débat. Et à ceux qui argueraient de la transition énergétique en cours et de l'abandon progressif de l'énergie carbone conséquente, ces partisans d'ajouter que l'exploitation du gaz de schiste servirait d'alternative de choix à ce processus transitif, qui est un objectif de long terme. 

    D'un point de vue économique, les pro-gaz de schiste ne manquent pas de noter les retombées positives qu'aurait une exploitation du gaz, présumé présent dans des régions souvent désertifiées par les services publics et l'emploi. Mais c'est là que le serpent se mord la queue : sans réflexion ni exploration préliminaire, impossible d'assurer avec certitude que ces assertions sont vérifiées. 

    Et ce n'est manifestement pas de l'actuel gouvernement que viendront les premières études sur la question. En réponse à l'annonce soudaine de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, avait réaffirmé son opposition au projet. Et tandis que les Français semblent majoritairement en désaccord avec une exploitation du gaz de schiste, ses partisans – industriels comme politiques – vont manifestement devoir ronger leur frein jusqu'en 2017. À moins que la lumière ne vienne d'une initiative purement privée, comme c'est le cas avec l'observatoire qui est à l'étude en ce moment.

    © Henri CADART - Mediapart


     
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