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  • L'arnaque du gaz de schiste "propre"

    Publié le 09 Avril 2015  



    Lien vers l'article original : ici


    Propos recueillis par Aline Joubert

    Arnaud Montebourg avait la solution pour un gaz de schiste propre et le gouvernement l'a lâchement fauché dans son élan en raison de basses manœuvres politiciennes. Du moins, c'est ainsi que "Le Figaro" présentait les choses dans son édition de mardi après avoir eu en main un exemplaire d'un rapport commandé par l'ancien ministre socialiste et dans lequel est évoquée une technique d'extraction censément "non polluante". Décryptage avec Sylvain Lapoix, journaliste indépendant, co-auteur de la BD-enquête "Energies extrêmes" (Ed. Futuropolis).


    WITT / SIPA

    Marianne : Nous avions donc à disposition, comme nous le dit Le Figaro, la solution pour une fracturation non polluante et le gouvernement l'a enterrée ?
    Sylvain Lapoix : La technique déterrée par Le Figaro est perçue comme un Deus ex machina, mais la présenter comme une solution écologique est de mauvaise foi. Arnaud Montebourg voulait se poser en pionnier d'une avancée technologique énergétique et il s'est précipité sur le projet de l'entrepreneur texan John Thrash. Cette technique n'a jamais été mise en pratique en conditions réelles. Tout ce qui s'en dit, ce ne sont donc que des hypothèses.

    En quoi consiste cette technique de fracturation ? En quoi diffère-t-elle de la fracturation hydraulique ?
    La fracturation hydraulique consiste à forer profondément le sol à 2 000 ou 3 000 m et d'y injecter à très forte pression un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques pour créer des fissures dans la roche souterraine et libérer le gaz qui était contenu entre ses couches. Un des problèmes de cette technique, c'est la quantité considérable d'eau utilisée et polluée par les additifs chimiques. La technique prônée par Montebourg proposait, elle, de remplacer l'eau par un gaz, l'heptafluoropropane, qui n'est pas nocif pour la santé (il est utilisé dans les inhaleurs par exemple) et qui serait récupérable et réutilisable après chaque forage. Mais la destruction des couches souterraines des sols est maintenue. Par ailleurs, ce qu'on ne dit pas non plus, c'est que ce produit coûte très cher et qu'il en faut des volumes colossaux. Cette solution n'est pas du tout économique pour les industriels au prix du baril actuel. John Thrash reconnaît lui-même qu'à l'heure actuelle sa technique est plus coûteuse que la fracturation hydraulique.

    Comment alors expliquez-vous qu'elle suscite un tel intérêt pour les entreprises de forage ?
    Ce qui intéresse ces compagnies, ce n'est pas le gaz, mais les huiles de schiste, c'est-à-dire le pétrole de schiste. Cette ressource reste une énergie fossile. Ces forages sont présentés comme l'extraction d'un gaz naturel, avec donc une connotation non polluante, mais en réalité ils servent de prétexte pour ouvrir des forages de pétrole de schiste. On obtient donc au final tous les inconvénients du pétrole auxquels viennent s'ajouter les inconvénients de l'extraction par fracturation... Avec la baisse du prix du baril de pétrole, les forages de pétrole de schiste ont diminué parce qu'ils sont très coûteux, mais lorsque les prix remonteront, les forages reprendront de plus belle. Promouvoir l'exploitation de nouvelles ressources en pétrole à l'heure de la transition énergétique est un choix aberrant.


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