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  • Etats-Unis: 2016 s'annonce difficile pour le pétrole de schiste

    Publié le 28 Janvier 2016  



    Lien vers l'article original: ici


    Le gisement de pétrole de Monterey, en Californie, le 24 mars 2014 (AFP/DAVID MCNEW)


    Les producteurs américains de pétrole de schiste subissent violemment la chute des cours et risquent une accélération des faillites en 2016, même s'ils ont jusqu'ici montré une résistance étonnante après avoir bouleversé le marché mondial.


    Avec la neutralité bienveillante d'autorités désireuses d'indépendance énergétique, l'industrie pétrolière américaine a commencé à la fin des années 2000 à exploiter massivement un type peu exploré de gisements: le pétrole contenu dans les roches "étanches" comme les schistes.

    Entre 2010 et 2015, ce type de pétrole est passé de quelques centaines de milliers de barils par jour (bj) à plus de quatre millions pour représenter désormais la moitié de la production américaine d'or noir, selon les estimations du département de l'Energie (DoE). Il joue à parts égales avec les gisements traditionnels comme ceux du golfe du Mexique.
    Problème pour l'industrie, surtout les petits producteurs attirés par cet eldorado: le pétrole de roches, dont l'exploitation comprend plusieurs particularités comme la fracturation hydraulique et des forages non plus verticaux mais horizontaux, coûte cher.

    Ce n'était pas grave en juin 2014, quand le pétrole atteignait une centaine de dollars le baril, ça l'est devenu quand il a chuté sous 50 dollars en 2015. Avec le récent plongeon autour de 30 dollars, la survie de nombreux groupes est menacée.

    "Une hausse brutale des faillites semble inévitable pour 2016", ont prévenu les experts de la banque VTB, se faisant l'écho de chiffres du cabinet AlixPartners selon lesquels les producteurs américains de pétrole et de gaz perdent actuellement deux milliards de dollars chaque semaine.

    Selon le cabinet d'avocats Haynes and Boones, plus de 40 producteurs américains de pétrole et de gaz ont déposé le bilan en 2015, avec une accélération en décembre, avant même la plus récente chute des cours. Indicateur majeur de l'activité pétrolière américaine, le nombre de puits actifs de forage est actuellement inférieur de 60% à la même époque d'an dernier, et la chute est encore plus marquée dans les gisements centrés sur le schiste, comme la formation texane d'Eagle Ford.
    "A moins que les cours se mettent à flamber, l'activité de forage va continuer à décliner, probablement jusqu'au milieu de l'année", a prévenu James Williams,de WTRG Economics.

    - Réactivité du secteur -
    Pourtant, les observateurs s'étonnent de voir la production américaine rester élevée, quand bien même ce n'est pas seulement dû à la résistance des gisements de schiste mais aussi à une accélération de la production dans le golfe du Mexique.
    "Le marché a perdu confiance dans l'idée que la production américaine de pétrole de schiste baisserait assez vite pour assurer cette année le début d'un rééquilibrage mondial", rapportent les experts de Société Générale.

    Pour certains analystes, cette résistance s'explique par la pression exercée par les créanciers pour rentrer dans leurs fonds, au moment où l'on craint une déstabilisation du secteur financier à cause de la chute des cours.

    "Les créanciers poussent les producteurs à relever leur offre au maximum, pour que des intérêts soient versés le plus longtemps possibles, même si les pertes s'accumulent", ont précisé les experts de VTB. "Mais quelque chose devrait bientôt finir par céder".
    Selon les chiffres du DoE, les producteurs américains de pétrole sur terre - par opposition aux gisements les plus traditionnels en mer - consacraient déjà 80% de leur trésorerie à rembourser leur dette mi-2015, contre moins de la moitié début 2012.

    Certains analystes expliquent aussi cette résistance par la capacité d'adaptation de l'industrie du pétrole de schiste.
    "Par rapport au pétrole conventionnel, le schiste américain bénéficie de cycles d'investissements plus courts et moins chers, ce qui le rend plus réactif aux cours", a expliqué AlixPartners. "Ces groupes ont revu drastiquement leurs structures de coûts et pris des mesures pour réaligner leurs dépenses avec une activité moins importante (...), ce qui devrait améliorer leur situation en 2016".
    L'enjeu principal de ces réformes et la grande incertitude pour la période à venir, c'est jusqu'où les producteurs de schiste pourront abaisser le seuil auquel les cours du pétrole ne leur sont plus rentables. Selon AlixPartners, qui se base sur une centaine de producteurs américains, ce seuil a déjà été abaissé d'un tiers depuis la fin 2014 et pourrait tomber à environ 37 dollars le baril à Eagle Ford, mais ce minimum est à peine inférieur aux prévisions du DoE sur le niveau des cours en 2016.
    "Beaucoup de groupes seraient soulagés par un pétrole à 50 dollars, mais ce serait encore coûteux pour eux... Il faudrait remonter à 75 dollars pour guérir l'ensemble du secteur !", conclut M. Williams, jugeant très improbable un tel rebond.


    © Leparisien.fr


     
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