hit counter

Meta Tag Generator

Touchepasmaroche-mere Touchepasmaroche-mere

  • ACCUEIL
  • L'EDITO
  • La production de schiste largement sous-estimée

    Publié le 09 Mars 2017  



    Lien vers l'article original: ici

    Certains experts estiment que la production américaine peut croître plus vite que prévu. - Shutterstock

    Certains experts estiment que la production américaine peut croître plus vite que prévu.

    La chute des investissements dans l'amont pétrolier va-t-elle provoquer dans quelques années un nouveau choc pétrolier ? Alors que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) réitère ses alertes sur le sujet dans le rapport publié ce lundi, de nombreux experts commencent à affirmer le contraire. « C'est le grand débat du moment », reconnaissait, il y a quelques semaines, Didier Houssin, président de l'IFP EN, lui-même ancien de l'AIE.

    Le débat ne porte pas tant sur l'existence de ressources identifiées que sur le délai nécessaire à leur développement. BP évoquait dans sa dernière « Statistical Review of World Energy » un « monde d'abondance pétrolière », soulignant que les réserves prouvées de pétrole dans le monde ont doublé, en trente-cinq ans, à 1.700 milliards de barils à fin 2015, représentant plus de cinquante ans de consommation mondiale.

    Si un délai de plusieurs années est nécessaire pour développer les réserves de pétrole conventionnel, qui nécessitent des projets complexes, ce n'est pas le cas du pétrole de schiste, dont le cycle de production est bien plus court : il suffit de quelques semaines pour forer un puits et procéder à la fracturation hydraulique - à condition que les équipements et les ressources humaines soient disponibles. Or les réserves de schistes sont considérables. Dans son nouveau rapport, l'AIE les a elle-même revues à la hausse, de 88 à 100 milliards de barils.

    Rebond du nombre de plates-formes de forage aux Etats-Unis

    De quoi augmenter la production rapidement. « Les prévisions de l'AIE me paraissent totalement sous-estimées », estime Alexandre Andlauer, analyste chez Alphavalue. « Elles ne prennent pas en compte les investissements record que l'on voit actuellement dans le bassin du Permian, au Texas, dont l'exploitation ne fait que démarrer. Ni la productivité croissante des puits. » L'analyste, qui est actuellement au Texas, estime que le rebond de la production de schiste américain atteindra entre 700.000 b/j et 1 Mb/j cette année - deux fois plus que le consensus. « On voit la même effervescence que lorsque le pétrole était à 100 dollars ! Le 1,4 Mb/j prévu par l'AIE en 2022, on l'aura en 2018 », dit-il.

    En quelques mois, le nombre de plates-formes de forage outre-Atlantique a rebondi à 609, presque deux fois plus qu'au creux de l'été dernier. La production américaine a dépassé les 9 Mb/j fin février, soit 500.000 b/j de plus qu'en septembre. « Avec la chute des coûts de production, la hausse va se poursuivre », estime de même Jean-Paul Chevriere, président du cabinet Transmar Consult, basé à Houston. « Dans le Permian, certains puits sont bénéficiaires à 25 dollars le baril. En moyenne, nous estimons le coût d'exploitation du schiste américain autour de 40 dollars le baril ». La reprise de l'activité à des rythmes soutenus fera certes repartir l'inflation, « mais pas avant 2018 : de nombreux contrats sont encore en cours à des prix bas », témoigne Alexandre Andlauer.




    Pour Jean-Paul Chevriere, le schiste va même devenir un phénomène mondial. « Les réserves sont considérables en Russie, ou en Chine, et les progrès technologiques permettront de résoudre les obstacles technologiques, comme celui de l'eau. La révolution du schiste est structurelle ! » insiste-t-il.


    © @afeitz pour lesechos.fr


     
    Partager en 1 clic :
    Imprimer ou télécharger en PDF cet article :
    Print Friendly and PDF

    Aucun commentaire :

    Enregistrer un commentaire