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    Gaz de schiste : pour l'instant, la France résiste



     


    Coup d'arrêt

    Un an que les pétroliers rongent leur frein, impatients de reprendre la traque aux « hydrocarbures de roche mère » dont le sous-sol français serait gorgé. Sous cette appellation, on trouve les huiles et gaz de schistes. Autrement dit, du pétrole et du gaz naturel. Un vent de révolte s'était levé quand les habitants du Sud-Est ont découvert que des permis d'exploration avaient été accordés par l'État en Ardèche, Gard, Lozère, Aveyron, Hérault. Pour ramener le calme, le gouvernement Fillon avait fait adopter une loi interdisant la fracturation hydraulique, seule technique connue pour extraire ces hydrocarbures.

    Pour l'heure, il n'est pas question de revenir sur cette loi. En revanche, Jean-Marc Ayrault a confirmé que « le Code minier sera profondément réformé [...] pour donner toutes les garanties et la transparence nécessaire dans l'instruction de tout permis et la délivrance de ces permis ».

    Des estimations prometteuses

    Une étude du département américain de l'énergie (US EIA) évalue les réserves françaises à 5 000 milliards de mètres cubes, soit un siècle de notre consommation actuelle de gaz, importé à 98 %. En Europe, ce serait le deuxième gisement, derrière la Pologne. Ces chiffres, issus de calculs théoriques, sont à prendre avec précaution. Sur la réalité des réserves et la possibilité de les exploiter, « on ne sait pas grand-chose », reconnaît Didier Bonijoly, géologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Pour en avoir le coeur net, il faudrait forer, remonter des échantillons, analyser... Les permis d'exploration qui avaient été accordés ont été annulés.

    Risques connus

    Un rapport récent du BRGM détaille les problèmes que pose la fracturation hydraulique. Utilisation d'énormes quantités d'eau ¯ 8 000 à 16 000 m3 par forage ¯ dont seulement 10 à 40 % peuvent être récupérés. Injection dans le sous-sol de produits chimiques dont certains sont toxiques et peuvent polluer les nappes d'eau. S'ils sont mal maîtrisés, les chocs provoqués pour fracturer la roche peuvent déclencher des secousses sismiques. Enfin, la possibilité que du gaz s'échappe en dehors des puits n'est pas négligeable.

    Faut-il avoir peur ?

    Non répond François Kalaydjian, de l'Institut français du pétrole (IFP). « On pratique la fracturation hydraulique depuis 40 ans dans l'exploitation pétrolière. Il y en a eu deux millions dans le monde et ça a rarement posé des problèmes environnementaux. » Si problème il y a, c'est qu'on a mal travaillé. Le rapport du BRGM est moins affirmatif : les impacts sur l'environnement restent très méconnus. Quant aux additifs chimiques, « on pourra utiliser des produits non toxiques », prévoit François Kalaydjian. Certains fabricants en proposent déjà.

    Et le climat ?

    Difficile de résister à la tentation de puiser dans ces ressources qui réduiraient notre dépendance énergétique. Que pèsera le risque climatique dans la balance ? La diminution des réserves conventionnelles d'hydrocarbures permettait d'espérer une baisse des émissions de gaz à effet de serre. L'exploitation des gaz et huiles de schiste à grande échelle risque d'éloigner cette perspective pour longtemps.

     © Serge Poirot
         Ouest France


     
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