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    Gaz de schiste, agit-prop contre pub

     Publié le 30 Novembre 2012 




    Champs de gaz de schiste aux Etats-Unis
    Les gaz et les huiles de schiste représentent des enjeux économiques et géopolitiques majeurs. D’où un déploiement massif de propagande et de publicité par les acteurs concernés (gouvernements, entreprises, ONG), prêts à défendre leurs intérêts financiers ou leurs options politiques et idéologiques.

    Bombardés d’affirmations contradictoires, les citoyens sont la cible de cette désinformation massive. Les unes décrivent un nouveau miracle économique et énergétique, les autres un cauchemar environnemental. La question d’une expertise indépendante susceptible d’éclairer citoyens et gouvernants est plus que jamais posée. C'est à l'Etat d'y répondre.



    Le gaz et l’huile de schiste sont ils abondants?

    Oui. Cette connaissance provient de l’étude de la formation des hydrocarbures dans des formations géologiques argileuses riches en matière organique et assez profondes pour que la transformation chimique se réalise. Jusqu’à présent, ces ressources étaient peu exploitées car plus coûteuses, et donc l’exploration de ce potentiel était peu poussée. La mise en oeuvre de la fracturation hydraulique, les forages horizontaux et la hausse du prix du gaz conventionnel ont bouleversé la donne en les rendant accessibles à un coût concurrentiel.


    L’Agence internationale de l’énergie annonce des réserves exploitables équivalentes au gaz conventionnel. Elle prévoit que, d’ici à 2035, le gaz non conventionnel (de schiste en majorité) fournirait près de 30% de la production gazière mondiale contre 14% aujourd’hui. L’essentiel de cette croissance surviendrait après 2020 et profiterait surtout aux Etats-Unis – où près de 500.000 puits ont été forés – et à la Chine. Résultat: la production de gaz pourrait connaître un long plateau, de plusieurs décennies, avant de diminuer. 





    Cette perspective change la donne géopolitique du pétrole et du gaz. Elle offre des possibilités d'activités économiques importantes. Elle a déjà changé certains aspects du paysage énergétique. Le prix du gaz est ainsi quatre fois moins élevé aux Etats-Unis qu'en Europe. Il provoque un basculement du charbon vers le gaz pour la production d'électricité aux Etats-Unis... et un basculement inverse en Europe. Ainsi, en France comme dans d'autres pays européens, le charbon américain importé est devenu moins cher que le gaz pour alimenter des centrales électriques. Aussi, depuis quelques mois, des vieilles centrales à charbon fonctionnent et produisent de l'électricité tandis que des centrales à gaz ultramodernes sont peu utilisées car le coût de l'électricité produite y est plus élevé. Ainsi, , RTE (Réseau de transport d'électricité) annonce sur son site web qu'hier matin, vers 4 heures, les centrales à charbon françaises produisaient plus de 2.000 MW alors que le gaz affichait moins de 150 MW. 

    Pour les pays qui importaient leur gaz comme la France mais pourraient disposer d'importantes ressources en gaz de schiste, l'opportunité de diminuer leurs importations ou de disposer de ressources à long terme, lorsque le gaz sera devenu rare et cher à l'échelle mondiale, même si cette perspective est plus éloignée qu'auparavant. 

    Ces estimations de réserves exploitables, tant mondiales que françaises, sont toutefois contestées car elles reposent sur le potentiel théorique des formations géologiques et non sur des données de terrain. La France disposerait de réserves importantes dans les bassins sédimentaires de l’Ile-de-France et du Sud-Est,mais en l’absence de forages d’exploration et de premières expériences d’exploitation, il s’agit uniquement d’estimations.

    Quels risques pour l’environnement?


    Le principal risque réside dans l’accélération du changement climatique par la combustion de quantités plus importantes de gaz. «Si nous voulons atteindre l’objectif mondial de 2°C [d’élévation de température moyenne, ndlr], notre consommation, d’ici à 2050, ne devra pas représenter plus d’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles, à moins d’un déploiement à grande échelle de la technologie de captage et de stockage du carbone», explique… l’Agence internationale de l’énergie (dans l'article paru ce matin dans Libération, quelqu'un a ajouté le mot "atomique" à Agence internationale de l'énergie, il s'agit d'une confusion regrettable avec l'AIEA dont je ne suis pas responsable).

    Dessin gaz de schiste



    Le bilan carbone du gaz de schiste est proche de celui du charbon, en raison des fortes dépenses d’énergie liées à sa production et des fuites. L’exploitation de gaz de schiste peut par ailleurs provoquer des dégâts environnementaux locaux, en fonction des techniques utilisées, d’accidents ou de défauts d’étanchéité des puits. Des pollutions d’eaux souterraines et de surface causées par les produits chimiques utilisés ou les éléments naturels nocifs. Les grandes quantités d’eau nécessaires à la fracturation hydraulique puis à l’extraction entrent en compétition avec d’autres usages, agricoles en particulier, comme l’a montré la sécheresse de 2012 aux Etats-Unis. L’Algérie, dont le gouvernement veut développer l’exploitation des gaz de schiste, sera confrontée à ce problème. L’atteinte aux paysages peut enfin constituer une difficulté majeure en cas de forte densité de population, mais aussi dans des régions peu peuplées mais très touristiques, comme les Cévennes.




    Y a t-il des alternatives à la fracturation hydraulique?


    C’est l’objet d’un rapport à venir de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques. Les industriels travaillent sur le remplacement des produits chimiques, la technologie des forages, une fracturation sans eau (avec du gaz propane, du CO2, une stimulation électrique, etc.) et le recyclage de l’eau afin d’en diminuer la consommation. Ces améliorations éventuelles de technologies afin d'en diminuer les dangers ne concernent cependant que le risque des pollutions locales et ne changent rien à la question du réchauffement climatique, qui demeure entière.

    © Par Sylvestre Huet - Journaliste à Libération

     
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