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  • Méthanisation : "Cela fera partie du mix énergétique de demain de façon significative", les Hauts-de-France misent gros sur le biogaz

    Publié le 18 Décembre 2025  

    Lien vers l'article original: ici


    L'année 2025 marque les 10 ans de la signature de l'accord de Paris sur le climat, prévoyant zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050. Pour y arriver, la région Hauts-de-France fait le pari de la méthanisation. Reportage au cœur d'une unité.

    Dans les Hauts-de-France, les unités de méthanisation ont été multipliées par 7 depuis l'accord de Paris,
    signé il y a 10 ans, en 2015. • © Stéphane Deboffles / France Télévisions

    Elles poussent comme des champignons. Dans les Hauts-de-France, les unités de méthanisation ont été multipliées par 7 depuis l'accord de Paris, signé il y a 10 ans, en 2015. Un développement qui suscite souvent l’appréhension des riverains lorsqu’un projet se fait jour.

    La méthanisation s’affirme pourtant comme une énergie d’avenir, locale, renouvelable et décarbonée. Elle pourrait bien être une solution pour parvenir à l’objectif zéro émission nette de carbone d’ici 2050.

    Un exemple d'unité de méthanisayion à Henin-Beaumont, dans le Pas de Calais, en 2025
    © Stéphane Deboffles / France Télévision

    Cet objectif a été fixé lors de l'accord de Paris (ratifié par la France) qui prévoit de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C maximum. La première étape étant de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d'ici 2035.

    Et les Hauts-de-France ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : la région a même pour ambition de devenir la première productrice de gaz vert en Europe. Elle produit aujourd’hui 5 % du gaz injecté dans nos tuyaux et veut quadrupler cette part en 2030.

    75 000 tonnes de poubelles valorisées


    Mais qu’est-ce qui se cache derrière le nom de méthanisation ? Il s’agit tout simplement de la dégradation de matières organiques grâce à l’action de bactéries. Ce processus produit une réaction : il émet du gaz, que l’on pourra ensuite réutiliser (réseau de gaz, chaleur, électricité, carburant).


    Contrairement au "gaz naturel" qui est un combustible fossile composé principalement de méthane extrait des sous-sols, ce "biogaz" ou "gaz vert" est produit majoritairement avec des déchets agricoles ou avec le contenu de nos poubelles.

    Allons voir cela de plus près ! Nous sommes entrés pour vous dans une unité de méthanisation à Hénin-Beaumont, dans le Douaisis. Des pelleteuses jaunes s’activent dans un grand hangar, charriant des tonnes de poubelles déversées par camion.

    Les pelleteuses vont et viennent avec les ordures ménagères déposées par les camions, dans une unité de méthanisation
    à Henin-Beaumont (Pas de Calis), en décembre 2025 © France Télévision

    "Il y a à peu près 75 000 tonnes d’ordures ménagères résiduelles qui arrivent ici, c’est un gros tiers des déchets du territoire", détaille Sébastien Chapelet, directeur du tri, valorisation, matière et énergie pour Symevad.

    "Et dans ces déchets, il y a une fraction organique qui représente quand même 30 % de la poubelle à peu près, qu’on va essayer de séparer et d’extraire pour la méthaniser et ainsi produire du biogaz", continue-t-il.

    Pour la collectivité aussi c’est un pari gagnant : ce sont autant de déchets en moins à incinérer ou à enfouir dans le sol.

    "On transforme vraiment le déchet en une ressource renouvelable, parce que malheureusement le déchet est une ressource infinie… Cela permet de produire de l’énergie verte, ce qui est important à notre sens
    ", ajoute Christian Musial, président du Symevad et vice-président de l’agglomération Hénin-Carvin à la transition énergétique.

    Produire du biogaz localement


    Les ordures ménagères passent ensuite dans un premier tamis où est séparée la matière organique. Celle-ci est ensuite malaxée plusieurs jours avec de l’eau avant d’arriver dans un autre espace : les digesteurs.

    "Là, il y a des bactéries qui vont produire du biogaz en l’absence d’oxygène, comme dans un estomac. Ce biogaz est composé essentiellement de méthane et de CO2", explique Sébastien Chapelet.

    Les digesteurs de l'unité de méthanisation à Henin-Beaumont (Pas-de-Calais),
    en décembre 2025 © Stéphane Deboffles / France

    Pour injecter ce gaz vert dans le réseau, le CO2 est retiré, et l’odeur si caractéristique du gaz de ville est ajoutée. En 2050, l’objectif est d’avoir 100 % de ce gaz vert dans le réseau.

    En France aujourd’hui, entre 90 % et 95 % de la consommation d’énergie totale est produite à partir de matières premières importées, comme le pétrole, le gaz, le combustible nucléaire.

    Philippe Lahet, directeur GRDF Hauts-de-France et Normandie>

    "Donc transférer une partie significative de ce que consomment les gens sur des énergies produites totalement localement, ça a aussi une très grande valeur. Le biogaz fera partie du mix énergétique de demain de façon significative", assure Philippe Lahet, directeur GRDF Hauts-de-France et Normandie.

    Créer du fumier inodore


    Pionnière en 2011 avec la première unité de méthanisation du pays, la région Hauts-de-France a doublé ses installations en seulement trois ans.

    105 sites alimentent aujourd’hui en gaz vert l’équivalent de 380 000 foyers. La plupart des méthaniseurs se trouvent en milieu rural et sont aussi développés par les agriculteurs.

    La carte des sites de méthanisation en région Hauts-de-France, en décembre 2025
    © France Télévision

    "L’essentiel des matières entrantes vient de 10 km à 15 km, grand maximum", explique Aymeric Baes, agriculteur et producteur de biométhane.

    "Ce sont essentiellement des cultures intermédiaires à vocation énergétique, donc ce sont des cultures agricoles entre deux cultures alimentaires. Et on va mettre les déchets des industries agroalimentaires".

    Des carottes qui attendent d'être revalorisées dans le méthaniseur, en décembre 2025, à Henin-Beaumont (Pas-de-Calais)
    ;© France Télévision

    Pulpe de betteraves, épluchures de pommes de terre, légumes hors calibres ou fumier animal… En plus des ordures ménagères, le méthaniseur avale chaque jour 30 tonnes de matière organique que l’agriculteur n’épand plus dans ses champs directement.

    On a un vrai problème avec ces matières-là, parce qu’elles sont très odorantes. Et en bordure de ville comme c’est le cas ici, c’était un souci vis-à-vis de nos citoyens.

    Aymeric Baes, agriculteur et producteur de méthane

    "Le processus de méthanisation permet de désodoriser la matière, ce que l’on va remettre dans les champs est presque sans odeur", se réjouit l’agriculteur.

    "Un gros avantage" qui l’a amené à la méthanisation, en plus de la possibilité d’avoir un revenu supplémentaire, d’être plus autonome et de développer son exploitation différemment.

    Attention à la qualité des intrants


    Aymeric Baes fait l’économie des engrais chimiques : il fertilise ses terres avec le résidu de la méthanisation que l’on appelle le digestat. Un cercle vertueux où la matière organique revient à la terre… Avec toutefois une réserve.

    "On a une belle dynamique, on a fait x7 en 10 ans, il faut encore l’accélérer mais en ayant en tête les garde-fous", prévient Éric Vidalenc, directeur adjoint ADEME Hauts-de-France. "C’est-à-dire la qualité des intrants que l’on met dans les méthaniseurs parce que derrière on en fait de l’engrais organique, qui doit respecter une qualité pour être épandu sur les terres".

    Le résidu de méthanisation de nos ordures ménagères fait partie des digestats impropres. Il est transformé en combustible et utilisé dans une chaufferie en Normandie.

    En 2050, le biométhane représentera le quart de notre mix énergétique décarboné. Avec cet ultime avantage sur les autres sources renouvelables : il se stocke facilement, et le réseau de distribution est déjà là.


    © Myriam SCHELCHER pour france3-regions.franceinfo.fr/


     
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