La Suisse a posé des panneaux solaires entre les rails : un an après, la France veut l'imiter
Publié le 18 Juillet 2026Lien vers l'article original: ici
Depuis 2025, la Suisse produit de l'électricité avec des panneaux solaires posés entre les rails. Un an et 11 000 trains plus tard, la SNCF s'y intéresse.
C'est une première mondiale née dans un village du canton de Neuchâtel. Depuis avril 2025, la start-up suisse Sun-Ways exploite une centrale solaire posée directement entre les rails d'une ligne de train en service. Un an plus tard, les résultats sont jugés concluants et plusieurs pays, dont la France, veulent s'en inspirer.
Une centrale solaire posée entre les rails
Le pilote a été inauguré le 24 avril 2025 près de Buttes, dans le canton de Neuchâtel. Sur 100 mètres de voie, 48 panneaux de 380 watts, soit une puissance totale de 18 kW, ont été installés entre les traverses. Leur particularité tient à un système amovible : une machine déroule et retire les modules comme un tapis, pour ne pas gêner l'entretien de la voie.
Les panneaux se nettoient seuls grâce au souffle des trains et n'éblouissent pas les conducteurs, assure l'entreprise. Son fondateur, Joseph Scuderi, estime que les objectifs de sécurité ferroviaire et de production électrique ont été atteints. Le test doit se poursuivre pendant trois ans.
Les panneaux se nettoient seuls grâce au souffle des trains et n'éblouissent pas les conducteurs, assure l'entreprise. Son fondateur, Joseph Scuderi, estime que les objectifs de sécurité ferroviaire et de production électrique ont été atteints. Le test doit se poursuivre pendant trois ans.
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| Source : Sun-Ways, pilote de Buttes (canton de Neuchâtel), 2026 |
Un an de résultats : 11 000 trains et 16 000 kWh
Depuis mai 2025, malgré un mois d'arrêt lié à la neige et à des travaux techniques, l'installation a produit plus de 16 000 kWh selon la radio-télévision suisse, l'équivalent de la consommation annuelle de trois à quatre foyers. Surtout, plus de 11 000 trains sont passés sans le moindre incident.
Sun-Ways met en avant le potentiel à grande échelle : appliqué à tout le réseau ferré suisse, le procédé pourrait générer près d'un milliard de kWh par an, soit environ 2 % de la consommation électrique du pays. L'intérêt est de valoriser des surfaces déjà artificialisées, sans mobiliser de nouveaux terrains.
Sun-Ways met en avant le potentiel à grande échelle : appliqué à tout le réseau ferré suisse, le procédé pourrait générer près d'un milliard de kWh par an, soit environ 2 % de la consommation électrique du pays. L'intérêt est de valoriser des surfaces déjà artificialisées, sans mobiliser de nouveaux terrains.
La France et l'Italie veulent tester
C'est là que l'histoire prend une dimension française. La SNCF, qui gère quelque 28 000 kilomètres de voies, a signé un accord de coopération avec Sun-Ways pour accéder aux données de production et aux retours d'expérience du pilote. En Italie, le gestionnaire du réseau Rete Ferroviaria Italiana est en discussion pour lancer son propre essai, et l'Allemagne, le Japon comme la Corée du Sud suivent la piste.
Pour un pays comme la France, l'enjeu est double : produire de l'électricité solaire sans consommer de foncier agricole, et rapprocher la production des lignes ferroviaires, grandes consommatrices d'énergie.
Pour un pays comme la France, l'enjeu est double : produire de l'électricité solaire sans consommer de foncier agricole, et rapprocher la production des lignes ferroviaires, grandes consommatrices d'énergie.
Une idée séduisante, mais à confirmer
L'enthousiasme mérite quelques réserves. Posés à plat, les panneaux captent moins bien le soleil que des modules inclinés, et le coût d'installation entre des rails reste élevé. Les précédents invitent à la prudence : la route solaire expérimentale de Normandie, inaugurée en 2016, a été démontée faute de rendement suffisant.
Sun-Ways répond que sa technologie évite ces écueils, puisque les panneaux ne sont pas écrasés par des pneus, restent amovibles pour l'entretien et exploitent une infrastructure existante. Les trois ans de test diront si le modèle tient ses promesses au-delà d'un tronçon de 100 mètres. L'idée illustre en tout cas la recherche de nouveaux espaces pour l'installation de panneaux solaires, à l'heure où l'autoconsommation et les grandes centrales se disputent déjà les toitures et les champs.
Sun-Ways répond que sa technologie évite ces écueils, puisque les panneaux ne sont pas écrasés par des pneus, restent amovibles pour l'entretien et exploitent une infrastructure existante. Les trois ans de test diront si le modèle tient ses promesses au-delà d'un tronçon de 100 mètres. L'idée illustre en tout cas la recherche de nouveaux espaces pour l'installation de panneaux solaires, à l'heure où l'autoconsommation et les grandes centrales se disputent déjà les toitures et les champs.
© Matias PEREA pour www.selectra.info
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